
Georges Rousse - video - n’a besoin que de très peu de matériau pour surprendre et troubler le regard de celui qui l’observe installer son dispositif sur des ruines. Dans des hangars désaffectés, des bâtiments abandonnés voués à la démolition, il plante son appareil photographique, saisit le lieu avec son objectif et commence sa transformation. Il dessine alors à la craie des formes géométriques. L’espace réel du décor apparaît comme un espace de projection pour des figures appartenant à un autre espace. C’est de cette collision d’espaces que naît l’impression d’étrangeté des images. Le réalisateur s’attache aux détails extérieurs à l’œuvre mais qui construisent eux aussi le travail de l’artiste : le grain du crépis des murs, l’eau ruisselante et dévastatrice ou la brutalité froide du bulldozer. Le film suit de bout en bout l’intervention de Georges Rousse, une lutte contre le temps perdue d’avance.
Il met en évidence à la fois la vacuité du travail de l’artiste et la beauté de l’acte qui lui appartient en propre, marque éphémère, visible seulement ici et maintenant - Christophe Loizillon -
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